Ma recherche actuelle : retracer les archives mortuaires des soldats américains enterrés à Saint-Avold en mars 1945

Bien que mon mémoire de master, centré sur la gestion des corps et la mémorialisation des soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale, ait été soumis, mes recherches se poursuivent. Le cimetière temporaire de Saint-Avold, ouvert du 15 mars au 3 avril 1945 pour accueillir les dépouilles des soldats tombés lors de la campagne de la Rhénanie reste au cœur de mes investigations. Parmi les 1 200 sépultures creusées en quelques semaines, j’ai cherché à retracer le parcours posthume de ces hommes à travers les Dossiers Individuels des Décédés (IDPF), des archives mortuaires qui documentent leur trajet depuis le champ de bataille jusqu’à leur dernière demeure. Bien que mon mémoire soit terminé, mon premier article, prévu pour une publication en 2027, marque une nouvelle étape : celle d’une recherche approfondie et toujours en cours pour combler les lacunes et redonner une voix à ces soldats.

Mon mémoire de master examine la gestion des corps et la mémorialisation des soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale, avec une étude de cas spécifique sur le cimetière américain de Saint-Avold. Le premier chapitre se concentre sur la manière dont la guerre a influencé la prise en charge des dépouilles, y compris la création de cimetières temporaires. L’une des conséquences fut l’ouverture du cimetière temporaire de Saint-Avold du 15 mars au 3 avril 1945, pour y enterrer les soldats décédés pendant la campagne de Rhénanie. Environ 1 200 soldats américains y ont été inhumés durant cette période.

J’ai souhaité placer le cadavre au centre de mon analyse, en utilisant les Individual Deceased Personal Files (IDPF) pour retracer le parcours posthume des soldats. Ces dossiers, compilés par le Graves Registration Service (GRS) et le War Department, contiennent des documents médico-légaux et administratifs pour chaque défunt. Cependant, une lacune dans mes recherches était l’absence d’un IDPF pour un soldat enterré à Saint-Avold pendant son fonctionnement en temps de guerre. Bien que j’aie obtenu plusieurs IDPF auprès d’historiens de l’ABMC, de guides de cimetière et de chercheurs, y compris des dossiers pour des soldats enterrés dans le cimetière temporaire à l’été 1945, aucun ne concernait la période de mars à avril 1945.

Les défis étaient de taille : des contraintes de temps et financières m’ont empêchée d’obtenir des archives du Centre National des Archives du Personnel Militaire (NPRC) avant la finalisation de mon mémoire. De plus, l’incendie de 1973 au NPRC, qui a détruit 80 % des documents, a encore réduit les chances de trouver un tel dossier. En conséquence, pour mon mémoire, je me suis appuyée sur un IDPF d’un soldat mort à Saint-Avold mais enterré dans un autre cimetière temporaire. Si les techniques et procédures restaient identiques, le personnel impliqué et les lieux où les corps étaient transportés différaient.

Je travaille désormais à la traduction de mon premier chapitre en français pour une publication sous forme d’article. Dans ce cadre, j’ai décidé de renouveler mes efforts pour localiser un IDPF concernant un soldat enterré à Saint-Avold pendant la période de guerre. Pour maximiser mes chances, j’ai créé une base de données répertoriant les noms et numéros de matricule militaire des soldats décédés.

J’ai commencé par les noms que j’ai pu lire dans le Weekly Burial Report n°134, que j’ai trouvé dans les archives NARA RG 92, car je savais avec certitude que ces hommes avaient été enterrés à Saint-Avold. Ce rapport n°134 est particulièrement important, car il documente les premières inhumations à Saint-Avold. Si ma tentative aboutit, j’obtiendrai les IDPF de certains des premiers soldats qui y ont été enterrés. J’ai également consulté la base de données « Burial Search » de l’ABMC, qui recense les défunts inhumés de manière permanente dans les cimetières américains à l’étranger, ainsi que ceux commémorés sur les Murs des Disparus. J’ai ciblé les soldats morts entre le 15 mars et le 3 avril et actuellement enterrés au Cimetière Américain de Lorraine. Bien qu’il soit très probable que ces soldats aient d’abord été enterrés à Saint-Avold, cela n’est pas certain, car certains ont pu y être transférés plus tard pour une inhumation permanente.

Après avoir compilé cette base de données, j’ai soumis des demandes à la section des dossiers du personnel militaire du NPRC.Ce processus nécessite une vérification d’identité, et je peux désormais demander des dossiers au cas par cas. Chaque demande inclut autant d’informations que possible : noms, dates de naissance et de décès, grades, décorations et numéros de matricule militaire.

À ce jour, j’ai soumis des demandes pour environ 30 soldats : ceux enterrés le 15 mars 1945, comme indiqué dans le Weekly Burial Report n°134, ainsi que ceux morts le 15 mars, selon la base de données de l’ABMC. Pour l’instant, j’ai reçu cinq réponses négatives, mais j’attends encore d’autres retours. Si ces 30 tentatives échouent, je continuerai à demander des IDPF pour d’autres soldats, dans l’espoir d’en trouver un à temps pour l’inclure dans mon article.

Mon objectif est d’intégrer ces éléments à la traduction française de mon chapitre, dont la publication est prévue en 2027 dans Le Cahier du Pays Naborien.

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